Kontakte!

  • November 15, 2005
    8:00 pm
Salle Redpath — Université McGill
3461, rue McTavish

D’Arcy Philip Gray and Brigitte Poulin perform works by Holbrook, Hurel, Stockhausen.

Striking duo tackles a masterwork of the 20th century’s most extravagant composer.

Participants

Programme

Mot du directeur artistique de la SMCQ

Trois pour deux et deux pour trois!

Pour ce deuxième concert de la série montréalaise, nous avons l’extrême bonheur d’accueillir à nouveau le duo Brigitte Poulin piano et D’Arcy Philip Gray percussion, qui nous avaient fait découvrir l’œuvre de Philippe Hurel Tombeau In Memoriam Gerard Grisey lors d’un concert mémorable dans le cadre de Musimars 2004. Le souvenir de cette prestation magique vibre encore dans nos tympans, non seulement par la très grande puissance d’évocation poétique de l’œuvre de Hurel, mais aussi et oserais-je dire, surtout par l’incroyable prestation de nos deux solistes invités. C’est assurément l’une des raisons qui ont fait en sorte que nous avons immédiatement fait appel à eux lorsqu’il a été question de programmer Kontakte de Karlheinz Stockhausen.

En ces temps de haute technologie virtuelle et de numérisation «extrême», il nous a semblé pertinent de revisiter l’une des œuvres «fétiche» du répertoire intégrant des éléments préenregistrés de sources électroacoustiques à l’exécution dite «normale», faisant appel bien sûr à des musiciens jouant sur des instruments (relativement…) «normaux».

Edgar Varèse en avait esquissé les premiers pas dans les années cinquante avec Déserts, mais sans jamais fusionner ces deux constituantes, faisant alterner les trois «interpolations» de la bande aux interventions de l’ensemble instrumental. C’était tout de même des premiers pas prometteurs, malgré un scandale «remarquable», puisque l’œuvre avait été insérée en sandwich entre la Grande Ouverture en si bémol de Mozart et la Symphonie pathétique de Tchaïkowski, lors de sa création le 2 décembre 1954, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, devant un public ulcéré!!!

On comprend bien dès lors le titre de Kontakte, où Stockhausen va tenter quelques années plus tard (1959 -60) et pour la première fois, de véritablement intégrer la musique «fixée» sur bande (théoriquement «parfaite»…) aux circonstances disons plus «aléatoires» d’une présence humaine…

Il nous a toujours semblé que le résultat était probant et c’est pourquoi nous y revenons pour la quatrième fois à la SMCQ, avec cette fois en «bonus», une spatialisation qui devrait nous permettre de pénétrer davantage dans le son, tout comme le souhaitait Stockhausen à l’époque.

Enfin et surtout, nous attendons tous impatiemment la création de Trans/Fusion du jeune compositeur Geof Holbrook, commandée expressément pour la circonstance par nos deux solistes.

Trois œuvres, trois générations de compositeurs, du courant électrique, un piano, des percussions et deux formidables instrumentistes: ça promet!

Bon concert!

Walter Boudreau 33 novembre 2005