Broadway Boogie-Woogie

  • September 30, 2016
    7:00 pm
Salle Pierre-Mercure — Centre Pierre-Péladeau
300, boulevard de Maisonneuve Est

Festive and free Concert to celebrate our 50th Anniversary

This season the SMCQ celebrates its 50th anniversary! We are making the most of this opportunity by revisiting several key works from our repertoire on a festive note. The program highlights the richness of wild rhythmic composition (Andriessen, Nancarrow) while inviting you to discover our founding composers (Papineau-Couture, Pierre Mercure). A concert that crosses influences, for example, Andriessen's masterpiece De Materie with its jazzy tones and boogie-wookie tempos inspired by Mondrian's painting Broadway Boogie-Woogie. Essentially, a unique event which sees brass instruments dancing, voices swirling and a celebration of culture in all its forms!

Pre-concert participatory activity: Material at the tip of your fingers (6 pm).

Participants

Program

A production SMCQ during the Journées de la culture

Mot du directeur artistique

Voulez-vous «Boogie-Woogier» avec nous ce soir?

La SMCQ ouvre sa 51e saison (et par le fait même son 50e anniversaire) avec un premier concert sous le signe du « rétro-futurisme» qui nous guidera tout au long des festivités — incluant le festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM) à l’hiver 2017 — à travers une série d’explorations temporelles nous proposant de jeter un coup d’œil sur la vision que l’on avait du futur (musical), il y a 50 ans et ce faisant, en y rajoutant ici et là, des aller-retour dans notre présent ainsi que quelques regards curieux sur ce que le (nouveau) futur nous réserve pour les prochaines 50 années !

C’est donc un véritable « Retour vers le futur» (thématique « officielle » de notre 50e anniversaire) qui animera l’ensemble de nos activités, avec en tête que nul ne peut (véritablement) prédire l’avenir et que l’héritage du passé puisse nous servir également de leçon !

Les œuvres au programme de ce 1er concert témoignent — chacune à sa manière — des préoccupations sans cesse renouvelées des compositeurs du milieu et de la fin du XXe siècle, quant aux rapports (troubles ?) que ceux-ci entretiennent (ou ont entretenu) avec la « tradition » ou plutôt devrais-dire « les » traditions musicales, héritées d’un passé pourtant pas si lointain, avec les bouleversements fulgurants qu’à connu la « Grande » musique de concert, bousculée dans ses fondements mêmes par la révolution radicale des années d’après-guerre et — par la suite — l’avènement du minimalisme ainsi que des « exotismes » extra-européens, pour ne nommer que ceux-là…

En ouverture, Conlon Nancarrow fait ici figure de Saint-Jean-Baptiste en tant que « précurseur » d’une révolution (tranquille) à venir. Ce génie (moine ?) solitaire, réfugié « culturel » au Mexique, a consacré sa vie à la création d’une musique d’une complexité rythmique inouïe, inégalée jusqu’à ce jour, le forçant — si on veut — à la destiner au piano mécanique à rouleaux, seul outil à l’époque capable d’en témoigner toute la finesse et surtout la précision. Or, cette musique s’écoute « bien », facilement oserais-je dire, surtout lorsque transposée à l’orchestre, puisque savamment constituée de motifs et mélodies d’une simplicité désarmante !

Jean-Papineau Couture et Pierre Mercure, ces 2 géants « Pères fondateurs » de la SMCQ, sont à l’avant-scène ce soir avec Fantasque, une œuvre essentielle, d’un lyrisme contenu, touchant et de grande maturité pour violoncelle seul de Papineau-Couture, ainsi que de — ce que nous croyons être la véritable création — Tétrachromie de Mercure (vous êtes actuellement assis [es] dans la salle qui porte son nom…), une des premières œuvres canadiennes (avec Nucléogame de Garant/1955) intégrant l’électronique aux instruments acoustiques, dans une reconstitution de Mario Gauthier.

Enfin, reprise de l’œuvre De Stijl (Le Style) du compositeur néerlandais Louis Andriessen, 3e mouvement de son œuvre monumentale De Materie (La Matière) présentée en première nord-américaine à la SMCQ en 1999. Le compositeur s’inspire ici de la célèbre toile Broadway Boogie-Woogie du peintre néerlandais Piet Mondrian, reconnu à juste titre comme un des pionniers de l’abstraction, mais également comme un danseur invétéré du Boogie-Woogie sur fond de piano honky-tonk

La SMCQ a 50 ans, toutes ses dents (ou presque…), le vent dans les voiles et vous convie à célébrer avec les compositeurs, solistes, interprètes, musiciens, artistes et tous ceux qui de près ou de loin ont contribué et contribuent actuellement à son rayonnement, un demi-siècle de création musicale, qui aura changé profondément notre panorama culturel et ce, nous l’espérons, pour le plus grand bénéfice de tout un chacun.

Bon(s) concert(s)! Bon 50e!

Walter Boudreau
33 septembre 2016