Pim’po (2003)

Michel Frigon

saxophone quartet, and processing

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Pim’po c’est d’abord une onomatopée illustrant un mouvement composé d’un saut et d’une chute. Lorsqu’on l’énonce, on remarque qu’il est constitué d’une attaque propulsante, d’une légère suspension (sur le «m») et d’une retombée subite. Tel un germe, sa structure est complète et son potentiel explosif. Je trouve particulièrement intéressant l’instant de suspension compris entre le saut et la chute. Il me rappelle l’état d’apesanteur ressenti lorsque la balançoire arrive à son apogée et que les chaînes deviennent molles faute de force centrifuge et de gravité, juste avant que la terre nous ramène vers elle. Dans un même ordre d’idées, je fais écho à un passage de La terre sous ses pieds de Salman Rushdie où «Partout dans la ville, ceux qui faisaient voler un cerf-volant, terrifiés, avaient lâché leur fil. Les cieux étaient remplis de cerfs-volants mourants, de cerfs-volants fracassés dans des collisions en plein ciel avec d’autres cerfs-volants, de cerfs-volants déchirés en lambeaux par des vents tourbillonnants et la folie dionysiaque de leur soudaine liberté, cette liberté fatale acquise au beau milieu de la catastrophe et reprise, presque immédiatement, par l’attraction inexorable de la gravité de la terre qui se fissurait en bas.» (La terre sous ses pieds, Salman Rushdie, coll. Feux croisés, PLON, Angleterre, 1999, p. 208.) Pim’po est donc un geste de l’air, inopiné comme une bourrasque, il nous chahute ou nous transporte par surprise pour nous déstabiliser.

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Merci au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour son aide vitale.

Performance