soprano, two flutes, two clarinets, piano and string quartet

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«Le silence doit tout précéder» — Claude Vivier

Une poésie universelle progressive. Vivier n’a jamais employé ces mots, mais ils désignent la forme littéraire et artistique pratiquée au tournant des 18e et 19e siècle par le poète allemand Novalis, auteur du cycle Hymnes à la nuit dont un des poèmes est ici mis en musique par Vivier. L’œuvre est courte — commandée pour l’épreuve du Tremplin par le Concours de musique du Canada — mais elle prend son temps, avec un calme qui reflète admirablement la signification du poème. Décrivant un paradis terrestre qui n’est pas l’Eden judéo-chrétien, mais plutôt un état de grâce, de crainte des hommes et de protection des dieux parent des mythologies germaniques, les longues notes tenues, les pénétrants silences et les doux chuchotements contrastent avec merveille, mettent en valeur les délicieuses envolées mélodiques.

Microcosme de l’univers de Vivier, cet hymne se savoure indifféremment de la compréhension de la langue allemande, ou plutôt il se savoure deux fois: par la pure beauté évocatrice de la musique et par la subtile interprétation musicale du texte poétique.

Cinquième hymne à la nuit

Jadis, un destin de fer
Régnait
De sa puissance muette
Sur les tribus éparpillées
Des hommes.
Un bandeau
Sombre et lourd
Entourait
Leurs âmes craintives.
La terre était illimitée;
C’était le séjour des dieux
Et leur demeure,
Toute parée de trésors
Et de merveilles magnifiques.
Leur mystérieuse construction
Se dressait là depuis des éternités.
Le soleil,
Vivante lumière,
Embrasant toutes choses,
Habitait sur les montagnes bleues
Du matin
Et dans le sein sacré
De la mer.

Traduction Henri Stierlin

Martine Rhéaume

Performances

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