solo piano, flute (and piccolo), two flutes, three oboes, clarinet, clarinet (and clarinet in E-flat), clarinet (and bass clarinet), three bassoons, four horns, three trumpets, two trombones, bass trombone, two tubas and six percussions

Commission: SMCQ, with support from the CCA

[English translation not available]

Musique du feu se déploie sur plusieurs plans:

  • Sonore: crépitements, souffles, ronflements;
  • Morphologique: toutes les formes de flammes, courtes, longues, fourchues, fuselées, en gerbes d’étincelles, en arborescence, oscillantes; ainsi que leurs mouvements spaciaux et rythmiques;
  • Thermique: rayonnement à partir d’un foyer (soleils, astres)

En filigrane à tous ces plans, les langues de feu de la Pentecôte s’associent à la mélodie grégorienne de l’hymne VENI CREATOR SPIRITUS («Viens Esprit Créateur… source vive, feu, amour»). Elle sera toujours présentée par bribes, amorcée dans la démesure, puis dispersée dans la matière sonore. La dernière présentation seule sera intégrale.

Le Livre de feu, miniatures mozarabes d’une force peu commune réalisées aux environs de l’an mille à partir des commentaires de l’Apocalypse par un moine nommé Béatus, m’a été très précieux et stimulant. Tout particulièrement les anges très stylisés soufflant dans d’énormes trompes. J’ai essayé d’imaginer la musique de ces images, quels types de son elles évoquent. Ce sont, toujours à partir de l’extrême grave, des mouvements aux orbes très lentes, longs arrachés de flammes immenses enracinées dans les abîmes. La vélocité des flammes vives leur fera contraste, myriades de feux de bengales en rotations fuselées.

Si le feu est multiple il est également paradoxe, à la fois convivial, rayonnant de chaleur, ou bien destructeur de toute vie, ne laissant que cendres vitrifiées. On peut dire de ce feu-là, dont les images de guerre nous sont encore présentes, qu’il donne froid! Dans tous les cas le feu transforme la matière et la consume. Il provoque également une aspiration par le vide qui fascine. Un passage véhément comme un vide en tempeête aspiré par un FA# absent suivi d’un FA# en plénitude, reflète dramatiquement, par cette avancée aux franges du néant, une dialectique du VIDE et du PLEIN.

Cette œuvre, commandée pour les 25 ans de la SMCQ, est dédiée à tous les artisans de la SMCQ passés et actuels qui, depuis sa fondation, y entretiennent le feu sacré. Dans cette perspective je tiens à rendre un hommage tout particulier aux membres fondateurs qui y furent particulièrement actifs, Maryvonne Kendergi et Jean Papineau-Couture ainsi qu’à la mémoire exemplaire de Serge Garant. Je remercie tout particulièrement les musiciens qui ont préparé l’œuvre, ainsi que toute l’équipe et leur directeur artistique Walter Boudreau pour leur collaboration.

Gilles Tremblay

Performances

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