Radio SMCQ: Gilles Tremblay

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Arvida, Québec, 1932

  • Compositeur

Formation

Né à Arvida (Saguenay) en 1932 d’un père industriel et d’une mère qui écrit des livres pour enfants, Gilles Tremblay, aîné de cinq enfants, est éduqué à Montréal dès le jeune âge. Entre ses études au Conservatoire de musique du Québec et au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, les institutions qu’il fréquentera, et surtout le nombre de musiciens chevronnés qui participeront à sa formation professionnelle, en font un des compositeurs de sa génération ayant obtenu l’éducation la plus complète. En effet, après avoir bénéficié de l’enseignement de Claude Champagne, Jean Papineau-Couture, Isabelle Delorme, Jean Vallerand et Germaine Malépart à Montréal, il s’installe à Paris où il suivra entre autres les fameux cours d’analyse d’Olivier Messiaen. Son séjour en Europe lui permettra également d’assister aux cours d’été de Darmstadt et de faire la connaissance de piliers de la musique du XXe siècle, dont Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis et Pierre Schaeffer. Il revient de Paris en 1961 avec une excellente connaissance du fonctionnement des organismes de concert parisiens et un carnet d’adresses de nombreux musiciens rencontrés durant ce séjour. Il est maintenant prêt à entreprendre une brillante carrière au Québec.

Un pédagogue dévoué

Dès son retour au Québec, Gilles Tremblay se fait connaître par les cours d’analyse qu’il offre d’abord au Centre d’arts Orford, puis au Conservatoire de musique du Québec, à Québec, avant d’être nommé responsable de la classe d’analyse au Conservatoire, à Montréal, en 1962 et des cours de composition en 1967, postes qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1997. Ces cours, entièrement inspirés de ceux qu’offrait Olivier Messiaen à Paris, sont particulièrement novateurs et formateurs dans la mesure où le compositeur relie entre elles des œuvres phares de l’histoire de la musique, établissant des passerelles entre le passé et le présent. Du chant grégorien à la polyphonie de Guillaume de Machaut, de Monteverdi à Mozart et à leur prolongation sur les œuvres du XXe siècle, Tremblay fait découvrir un univers où l’histoire ne se présente pas comme une série de ruptures, mais au contraire, comme une continuité dans la recherche d’une expression personnelle et vivante de la musique. Ces cours ont profondément marqué toute une génération (et même deux ou trois) de compositeurs québécois aussi variés que Claude Vivier, Walter Boudreau, Yves Daoust, Isabelle Panneton, Serge Provost, Jean Lesage, Estelle Lemire ou Kiya Tabassian.

Un créateur inspiré

L’approche particulière de Gilles Tremblay d’une histoire sans ruptures se reflète également dans ses œuvres qui, au rythme presque d’une nouvelle création annuellement, ont enrichi le répertoire d’œuvres classiques québécoises présentées sur tous les continents. «Il faut faire la différence entre la tradition et les mauvaises habitudes» disait Varèse. Tremblay, mieux que tout autre, a su amalgamer dans un tout cohérent ces deux pôles: tradition et modernité. Tout en étant éminemment de son temps, le compositeur a toujours refusé d’être en rupture avec l’histoire du langage. C’est ce qui faisait la force de son cours d’analyse: la valeur qu’il accordait à la tradition. C’est ce qui transparaît dans son œuvre.

L’œuvre de Gilles Tremblay témoigne de sa quête de sens et de son association étroite à la dimension sacrée de l’œuvre d’art. Même la nature est comprise par lui moins comme réflexion écologique que comme autre moyen de rejoindre le divin. En ce sens, la démarche de Tremblay rejoint jusqu’à un certain point celle d’un Jacques Maritain ou, peut-être plus encore, celle d’un Teilhard de Chardin dont la vision cosmique du monde apparaît comme une lente progression de la spiritualisation de la matière.

Gilles Tremblay: un grand humaniste québécois de la trempe d’un Fernand Dumont, d’un Fernand Leduc, d’un Gaston Miron, d’un Pierre Perrault. Les personnalités qui ont marqué le parcours du compositeur de leur amitié ou qui lui ont inspiré une manière de voir le monde et de comprendre l’humain dans sa dimension spirituelle sont innombrables. Nous pensons, bien sûr, à son épouse Jacqueline Pinel, mais aussi à Hubert Reeves, Pierre Dansereau, Fernand Ouellette, Paul Vanier, sj et à combien d’auteurs, philosophes, théologiens, écrivains et musiciens chez qui le compositeur a puisé, à travers ses lectures, nombre de réflexions.

Marie-Thérèse Lefebvre [vi-09]

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