Trois concertos

Vincent Collard, Sean Ferguson, Isabelle Panneton / Ensemble de la SMCQ

On serait en droit de se poser la question suivante: pourquoi des concertos? N’est-ce pas là la forme «bourgeoise» par excellence, celle qui, à toute fin pratique, a contribué à éclipser le compositeur au profit de l’interprète? (Donc, prépondérance du contenant sur le contenu.)

N’y a-t-on pas vu une démonstration puérile de savantes et vides acrobaties techniques pour le seul plaisir de plaire à la galerie?

Car (comme aux Jeux Olympiques), il faut jouer toujours plus vite, plus fort, plus haut (ou bas, selon la circonstance…), en améliorant la prestation de quelques contorsions bien placées et de grimaces savamment ponctuées de douleurs mélancoliques.

OYEZ! OYEZ! L’instrument est roi, il faut lui rendre grâce et se soumettre à sa Loi.

Euh… Oui et non.

Voyez-vous, le compositeur aime l’instrument et le craint: c’est la relation (freudienne?) ambiguë par excellence. Parce que sans instrument, pas de musique, sauf peut-être dans la tête et encore…

Le plaisir passe avant tout par les sens et le compositeur le sait. Il sait aussi que l’instrument a le pouvoir de rassembler, de concentrer et de multiplier l’énergie. Il appartient donc au compositeur de faire «parler» l’instrument avec sensibilité, intelligence et passion. Donc, si je me comprends bien: de la musique avant toute chose… Alors:

Panneton: Lyrisme hard edge à contre-courant des violons élastiques. (Julie-Anne Derome)

Collard: L’Amérique transcendante de notre «cowboyitude» urbaine assumée. (Alain Trudel)

Ferguson: Psychédélisme de la géométrie fractale des textures kaléidoscopiques. (Marc Couroux)

Tout un programme! Écoutez, sentez et vibrez: ces musiques sont passionnantes pour qui s’y laisse emporter.

Participants

Programme