In Extremis

  • 22 octobre 2004
    18h00
Salle Pierre-Mercure — Centre Pierre-Péladeau
300, boulevard de Maisonneuve Est

Œuvres de Arseneault, Boudreau, Bouliane, Dolden, Thibault, Vermote.

  • 18h: Cocktail d’ouverture de la 39e saison + Prix Québec-Flandre
  • 19h: Concert en trois parties

Hallucinations électroniques, méditations acoustiques, architectures cosmiques et pianistiques, sonorités inouïes, paysages tordus et voix éclatées… Un concert-fleuve placé sous le signe de la démesure et ponctué de pauses pour agapes entre amis.

  • Nourriture disponible non comprise dans le coût du billet.

Participants

Programme

Mot du directeur artistique

Ce concert — ou plutôt ces trois concerts en un, devrais-je dire —, est (sont) la concrétisation d’une vieille idée de Michel Gonneville qui portait à l’origine le nom quelque peu incongru de «Têtes de Cochon»! Qu’est-ce à dire?

Eh bien, la réponse en est toute simple: présenter, faire se côtoyer des œuvres d’allégeances esthétiques diverses, voire antinomiques, mais qui ont toutes en commun la poursuite obsessionnelle et la réalisation in extremis d’une idée directrice forte, agissant comme centre gravitationnel.

L’idée ne date pas d’hier, me direz-vous, car l’utilisation de la «pédale» (Bach), de la «basse obstinée» (Haendel), du «leitmotiv» (Wagner), de «l’idée fixe» (Berlioz), du «thème cyclique» (Debussy), de la «série» (Webern), des répétitions «additives» (Stravinski) et «osmotiques» (Reich), sont autant de manifestations de ce concept unificateur, qui trouve probablement son origine dans la formule d’accompagnement continu de certains instruments primitifs (familles des vielles à roue, cornemuses, binious, etc.).

Poursuivant donc notre très «populaire» réflexion sur le sujet, il nous a paru intéressant d’explorer plus à fond cette approche «structurante» par le biais d’une alternance in extremis d’œuvres à travers leurs différences antithétiques.

Par exemple, le macro délire sonore de Beyond the walls of Jericho de Paul Dolden avec ses quelque 800 couches sonores superposées est couplé avec L’Après (L’Infini) de Raynald Arseneault, œuvre empreinte d’un dépouillement extrême, témoignage à la fois poignant et poétique des derniers moments d’un homme qui se prépare à mourir dans une grande sérénité.

Malgré leurs irréconciliables profils, ces deux œuvres non seulement partagent-elles une même «intensité» dans le geste, mais qui plus est, transcendent toute bête considération stylistique pour finalement viser «juste» — à l’essentiel — par-delà la superficialité des modes, des chapelles ou des tendances. Il en sera de même pour les deux autres volets de cette soirée aux angles «cubistes» et tout en montagnes russes.

L’œuvre Tsjizj de Petra Vermote, Prix Québec-Flandre 2003, s’est avérée — par pur hasard — être le complément parfait au Cauchemar climatisé d’Alain Thibault… Je souligne au passage que Mme Vermote est parmi nous ce soir et je voudrais en profiter pour lui souhaiter la plus cordiale des bienvenues à Montréal. Bienvenue également à notre camarade Denys Bouliane qui fait ses «débuts» comme chef à la SMCQ, en tenant la barre de ses Paysages Qu. , à mon avis, l’un des fleurons les plus représentatifs (déments?) de sa singulière production.

Bon concert!

Walter Boudreau, 33 octobre 2004