Molinari branché!

  • 2 novembre 2014
    15h00
Salle Tanna Schulich — Pavillon de musique Elizabeth Wirth — Université McGill
527, rue Sherbrooke Ouest

Un quatuor à cordes «électriques»

14h15 — Table ronde avec Yannick Plamondon et John Rea, animée par Walter Boudreau.

Le Quatuor Molinari se branche sur les nouvelles technologies, rajoutant ainsi une nouvelle couleur à ses sonorités. Sous ses archets, les sons passeront des cordes aux câbles avec un traitement électronique en temps réel qui transformera notre expérience d’auditeur.

Une fenêtre ouverte sur de nouvelles sonorités

Au programme, le String quartet no 4 nous permettra d’explorer la malléabilité de la musique, le compositeur Jonathan Harvey utilisant celle-ci comme matériau pour créer, entre autres, des ombres musicales à partir de la partition originale. Dans Twenty Windows, Laurie Radford s’est inspiré de vingt fenêtres faisant face à la sienne pour composer une métaphore musicale, révélant ainsi à sa propre fenêtre acoustique des formes et des couleurs sonores nouvelles.

Une création en hommage à la peinture de Fernand Leduc

Côté création, Aux premières lueurs de Yannick Plamondon rendra hommage à la peinture de Fernand Leduc, en y transposant musicalement le raffinement de ses couleurs. Un écho sonore aux œuvres visuelles qui semble tout prédestiné au Quatuor Molinari, lui-même fondé en hommage à l’artiste Guido Molinari.

Table ronde

Avant le concert, Walter Boudreau, Yannick Plamondon et John Rea évoqueront d’ailleurs les liens entre musique et art visuel à l’occasion d’une table ronde, et discuteront de la création Aux premières lueurs (14h15). Après le concert, café et gâteaux seront offerts au public.

Participants

Programme

Une production Société de musique contemporaine du Québec.

Molinari branché! (100 000 volts?)

Les nombreuses (et fructueuses) collaborations entre le Quatuor Molinari et la SMCQ remontent à 1986, si l’on considère son «ancêtre» le Quatuor Morency, ce dernier étant formé à l’époque de Denise Lupien (premier violon), Marcelle Mallette (second violon) remplacée en 1987 par Olga Ranzenhofer, Francine Lupien-Bang (alto) et Thérèse Motard (violoncelle), remplacée en 1986 par Christopher Best.

Denise et Francine Lupien ainsi que Olga Ranzenhofer et Christopher Best ont tous oeuvré dans l’ensemble de la SMCQ pendant de nombreuses années et comme on le sait, Olga Ranzenhofer — prenant la relève de Denise Lupien comme 1er violon — a par la suite fondé le Molinari en 1997 et poursuivi depuis avec son quatuor une carrière fulgurante, parsemée de nombreux prix et reconnaissances diverses, dont l’immense projet de l’intégrale des quatuors à corde de R. Murray Schafer, saluée, encensée et louangée par la critique ici comme à l’étranger.

Femme de projets «visionnaires», Olga Ranzenhofer a — dès les débuts du Molinari — mis le cap sur la création de nouvelles œuvres par un carnet impressionnant de commandes ainsi que sur la réalisation de méga projets, dont celui quatre derniers quatuors de Dmitri Chostakovitch, l’intégrale des quatuors à cordes d’Alfred Schnittke et plus récemment, son remarquable double concert marathon intitulé Le Quatuor selon la Seconde École de Vienne du 2 mars 2013. À cette occasion, le Quatuor Lafayette de Victoria (BC) s’était joint au Molinari pour interpréter les 13 quatuors à cordes des compositeurs Arnold Schönberg, Alban Berg et Anton Webern dans le cadre du Festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM).

Dans cette foulée «exploratoire» et ne reculant devant rien, le Molinari nous propose aujourd’hui 3 œuvres «branchées», toutes faisant appel aux technologies numériques de pointe de traitement du son, dont la création très attendue de Aux premières lueurs (2014) de Yannick Plamondon, la reprise de Twenty Windows de Laurie Radford commandée et créée par le Molinari en 2008 et du compositeur britannique Jonathan Harvey, String Quartet no 4 (2003).

Comme il est rafraîchissant de constater que cette vénérable institution qu’est la formation instrumentale du quatuor à cordes, trouve (encore) le moyen de se renouveler non seulement à travers un répertoire «actuel» — témoignant éloquemment de son époque —, mais également en intégrant à son immense palette sonore des possibilités encore insoupçonnées grâce au développement fulgurant de l’électroacoustique depuis les 25 dernières années.

«Branché(e) s», nous le serons tous et toutes cet après-midi, car, croyez-moi, le courant va passer!

Bon concert!

Walter Boudreau, novembre 2014