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3 récitants, instruments de musique ancienne et support

L’histoire de cette famille normande du XVIe siècle est véridique. Le poète et sculpteur belge Mignolet Brochocka (né en 1935) en a fait une œuvre dramatique en 1968. L’histoire est racontée par le romancier et critique français Jules Barbey d’Aurevilly (1808-89) dans une nouvelle intitulée Une page d’histoire écrite en 1880.

D’Aurevilly, lui-même d’origine normande, raconte avec un mélange de fierté et de honte, l’amour tragique d’un frère et d’une sœur, les derniers descendants de la famille Ravalet, qui moururent sur l’échafaud et furent inhumés à L’église de Saint-Julien-en Grève, rebaptisée plus tard Saint-Julien-le-Pauvre, la plus ancienne église de Paris située non loin de Notre-Dame.

En dramatisant cette histoire, Mignolet Brochocka a en réalité créé quelque chose de nouveau. Il nous donne une vision tendre et inspirée des frontières extrêmes de l’amour. Tout en faisant référence à l’Inquisition, il dépeint l’omniprésence et l’intensité du mal en un monde qui comprend rarement, pour ne pas dire jamais, les «… Choses de l’amour/Graves ou limpides…».

Le compositeur John Rea a voulu donner au Petit livre des Ravalet la forme d’un opéra parlé en un acte, utilisant des instruments anciens. Bien que cette forme mixte puisse paraître curieuse à cause de la séparation de la parole et de la musique, le compositeur estime que c’est justement cette séparation qui accentue l’impact poétique et musical de l’œuvre. Une distanciation entre les deux domaines permet de parler de choses que l’on ne chanterait peut-être pas, tout en rendant plus intimes et nécessaires les occasions où la parole et la musique se rejoignent dans le chant.

L’œuvre musicale a été commandée par la Société Radio-Canada en 1983 pour le concours Prix Paul-Gilson de la Communauté radiophonique des programmes de langue française. L’œuvre a été conçue pour l’Ensemble Claude-Gervaise (Montréal).

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Exécution