La forme de l’esprit est un papillon / couleurs inventées (2002-03)

François Bayle

Deux sensibilités auditives s’expriment dans ce diptyque, deux conceptions de la forme papillonnante: l’espace polymorphe étalé - dans ombrages et trouées, le temps polychrome tenu en suspens - dans couleurs inventées.

Après l’intensité survient ici un moment de calme. Ne s’offre plus à entendre, dans sa «concrète immaterialité», que l’image multiple de résonances colorées et galbées, pour seulement en faire jouer (ainsi que d’un rouge posé sur des lèvres bien dessinées) ses volumes et ses brillances. L’écoute mise sous pression par ce qui précédait, tout à coup s’enlève et se dilate comme un gaz chaud, ascendant.

Cinq «micro-climats»: - couleurs claires - couleurs sombres - couleurs nocturnes - couleurs graves - couleurs éclatées, jusqu’à un moment quasi central, couleur-cristal (de 6’58 à 7’49).

L’écoute colorée bascule alors sur l’écoute dynamisée, qui l’emporte par son martèlement jusqu’à la fin avec couleurs-mouvements et couleurs-temps.