Six Bagatelles, op 9 (1913)

Anton Webern

quatuor à cordes

Entre 1909 et 1913, Webern a composé trois œuvres pour quatuor à cordes formées respective-ment de cinq, quatre et trois mouvements et qui devaient, au départ, être publiées sous le même opus 3. «Toutes sont liées les unes aux autres», avait-il écrit, «et j’aimerais qu’elles soient toujours jouées ensemble». Or, il abandonna toutefois l’idée de son opus 3, et ces pièces devinrent ses Cinq mouvements opus 5 et Six Bagatelles opus 9.

En 1924, Webern donna à son ami Berg une copie de la partition des Bagatelles sur lesquelles était écrit «Non multa sed multum», c’est-à-dire «peu dans la quantité, mais beaucoup dans le contenu». C’est qu’au moment où Schoenberg, Webern et Berg avaient abandonné la tonalité dans la première décennie du siècle, ils avaient aussi abandonné des moyens d’accroître la tension musicale sur une longue période de temps: conséquemment, les premières œuvres atonales ont tendance à être brèves. Cette tendance était plus marquée chez Webern que chez ses deux collègues viennois, et particulièrement manifeste dans ses Six Bagatelles. En effet, la plupart des mouvement durent moins d’une minute, et les numéros 2 et 3 de la série durent habituellement moins de 20 secondes. Schoenberg en fera plus tard l’éloge, considérant «quelle modération est requise pour s’exprimer si brièvement. Chaque coup d’œil peut être développé en un poème, chaque soupir en un roman. Mais pour exprimer un roman en un simple geste, et la joie en un simple souffle — un telle concentration ne peut être présente que lorsqu’il y a une égale absence d’auto-indulgence.»

A Deruchie [traduction française: N Pascal, ii-07]

Exécutions