Atlas Eclipticalis (1961-62)

John Cage

un à quatre-vingt-six instruments et traitement électronique en direct ad libitum

Cette œuvre, commandée par Pierre Mercure spécialement pour la Semaine internationale de musique actuelle, fut créée sous la direction de Cage lui-même le 3 août 1961 au Théâtre de la Comédie-Canadienne à Montréal (aujourd’hui TNM). Atlas Eclipticalis représente une cartographie stellaire et évoque de façon pointilliste la multiplicité des vides et des amas de lumières que forme la voûte céleste. Le titre de Atlas Eclipticalis fut emprunté à l’astronome Antonín Bečvář. À partir des cartes relevées par Bečvář et après de multiples opérations de hasard suivant le I Ching, Cage trace sa propre carte céleste. Un ciel étoilé d’une lenteur immuable mais toujours en mouvement. Partition conçue pour 1 à 86 instruments acoustiques et électroniques, chacune de ses parties comprend 4 pages, elles-mêmes constituées de 5 systèmes sur lesquels Cage dessine une multitude d’agrégats de notes (les constellations). Selon les directives de Cage, les notes de ces agrégats sont jouées en ordre ou en désordre; le plus courtes possibles ou d’une durée perceptible, jamais plus longues qu’un coup d’archet ou qu’un souffle. Leurs hauteurs sont précises, mais elles n’ont pas de valeur rythmique; elles sont reliées au temps d’une horloge que dessine les mouvements du guide-chef et qui en détermine la durée. La performance des instrumentistes pourra être à tout moment entre l’activité minimum (le silence) et le maximum d’activités (ce qui est écrit).

Le Vivier en présente une version avec 26 instrumentistes et fait un parallèle avec la cartographie des musiques nouvelles au Québec.

[English translation: Ariadne Lih]

Exécutions