Concerto «Lucky Luke» (1999)

Vincent Collard

trombone ténor et grand ensemble

Commande: SMCQ

Il y a sur cette terre quelques rares personnes qui méritent le sobriquet de l’homme qui tire plus vite que son ombre. Il y a Alain Trudel, dont l’agilité de la coulisse autant que celle de la babine en estomaquent probablement plus d’un(e)! Il y a Walter Boudreau qui, grâce à sa baguette magique, sait faire mouche à tout coup jusque sur la cinquième triple croche d’un septolet, à deux cents mètres de distance, les yeux bandés… Il y a aussi votre humble serviteur, qui a relevé le défi d’écrire ces cinquante-trois pages de pur divertissement en dix-huit jours à peine. Il y a enfin Lucky Luke, l’unique, le vrai, dont la promptitude notoire avec un Colt 45 n’a d’égale que sa candide sérénité lorsque, cigarette et demi-sourire aux lèvres, il guide paisiblement sa fidèle monture vers le soleil couchant devant lequel défile, majestueux, le générique final… toujours accompagné de cette rengaine célèbre entre toutes.

Dieu merci! Les sentinelles en service lors du passage à l’Ouest de György Ligeti n’avaient pas le talent de manieur d’armes du Lonesome Cowboy. Cette médiocrité salvatrice pour le grand Hongrois nous a permis de découvrir tout un tas de magnifiques pages parmi lesquelles, en cherchant bien, on trouvera quelques échos de cette légendaire Amérique dont le jeune Ligeti rêvait peut-être lorsque les barbelés sous lesquels il rampait pour fuir son pays natal lui lacéraient le dos. Ouaip!

Exécution

Enregistrement