Le Matin des magiciens (1996)

Walter Boudreau

gamelan javanais (huit percussions) et sept instruments occidentaux (cor, ondes Martenot, contrebasse, deux harpes, deux percussions)

Les matériaux de cette œuvre proviennent de la transcription du Pulo Ganti de la pièce de Gilles Tremblay, L’arbre de Borubudur. Brièvement, disons que j’ai étiré cette pièce 13 fois, avant de la réinsérer en 13 sections de longueurs variant de la moitié de sa dimension originale, jusqu’à 9 fois sa longueur. Chaque section est alors coupée en 12 segments différents qui, à chaque fois, se présentent dans un ordre différent. Cette singulière «machine» accélère lentement, dans une progression logarithmique atteignant son point culminant et final dans un jubilant tutti.

Les 13 «micros» Pulo Ganti sont toujours précédés et suivis par de petites transitions pulsées qui, à leur tour, sont des «micros» versions du prélude, des transitions centrales et du postlude, mais dans une autre forme, dérivée des mélodies originales du Pulo Ganti.

Dans la mesure du possible, j’ai essayé de conserver l’esprit de la musique du gamelan, dans laquelle on retrouve une alternance captivante de mouvements rapide-lent-rapide, tant dans la structure «macro», que dans les plus minuscules changements de tempo à l’intérieur des composantes cellulaires.

Le matin des magiciens est le titre d’un livre de Jacques Bergier et Louis Pauwel que j’ai lu à 16 ans; une œuvre qui m’a littéralement bouleversé et qui m’a ouvert l’esprit à des horizons culturels et mentaux au-delà de 333 333 333 333 333 333 333 333 333 années lumières!

Comme le 3 est mon chiffre magique, je dédie trois fois Le matin des Magiciens à: Gilles Tremblay, pour Pulo Ganti; Marie Décary, pour tout; Blair Mackay, pour avoir commandé l’œuvre.

Walter Boudreau

Exécution