Les ruines du Paradis (2004)

Serge Provost

piccolo, flûte en sol, hautbois, clarinette, clarinette basse, contrebasson, cor, trompette, trombone, piano, percussions, deux violons, alto, violoncelle et contrebasse

Cendres / Nostalgia / Appassionato / Ticha dolina (paisible vallée) / Rêves / Con forza / Notturno / Mouvements / Hymne

À l’été 2000 se tenait la septième Exposition Internationale d’Architecture, à la Biennale de Venise; l’exposition du pavillon de Russie s’intitulait «Le Rovine del Paradiso», d’où l’origine du titre de mon œuvre. On pouvait y voir une série de dessins d’architecture, souvent d’allure chimérique, projections de cités grandioses aux abords célestes. S’y trouvaient également des photographies de ruines: des palais, des églises, des villes dévastées par la guerre; mais aussi des photos contemporaines de l’état des lieux comme Moscou et Petrograd, des cités industrielles, etc.; donc, l’architecture en tant qu’utopie et comme critique des sociétés. Utopies-Paradis-Ruines, le monde tour à tour rêvé et dévasté. Cette expérience a déclenché en moi une réflexion qui s’est transformée enpoids sonore, la musique est aussi une forme d’utopie, de rêve, elle porte aussi l’expression du monde et de soi dans ce monde, paradis? enfer? luttes… espoir… paix…?

L’œuvre est constituée d’une brève introduction de caractère grave suivie d’une série de vingt-cinq variations amplificatrices fondées sur une basse de vingt-cinq notes. Ces variations ne durent d’abord que quelques secondes puis vont en croissant jusqu’à la dernière qui dure quatre minutes. Il ne s’agit pas de variations thématiques, mais du développement d’une matière sonore avec tout son potentiel de transformation; suite d’anamorphoses. Ces composantes se regroupent en neuf parties auxquelles j’ai donné des sous-titres, après la composition de la pièce, afin d’en souligner le caractère dramatique.

  • Enregistrement: disponible au bureau de la SMCQ

Exécution