huit percussions

Le titre Les sept jours fait référence aux sept étapes mystiques de la création du monde, d’après des textes sacrés retrouvés sur des tablettes de pierre et que l’on attribue au mystérieux Empire du Mu. Continent qui aurait disparu il y a environ 50 000 ans, lors d’un gigantesque cataclysme, après avoir connu une longue et brillante civilisation.

J’ai été frappé, à la lecture de ce récit, par la similitude qu’il présente avec celui de la Genèse, car, à l’exception de quelques détails, les deux textes relatent de façon quasi identique les grandes lignes ésotériques de la construction de notre monde. Ce texte, qu’il faut interpréter symboliquement, est assurément un archétype puisqu’on le retrouve, avec des variations «locales», dans presque toutes les grandes religions de notre globe. C’est d’ailleurs à ce titre que j’ai trouvé intéressant d’utiliser la version attribuée à Mu, cette civilisation mythique ayant toujours exercé sur moi une profonde attirance.

L’œuvre est divisée en sept grandes sections originales et de durées inégales. Les sections sont à leur tour divisées en deux. La forme y est simple; les claviers alternent avec le reste des instruments. Le discours tient à la fois de l’illustration, de la vision intérieure, de la spéculation pure et du fantasme. De façon générale, j’ai mis l’accent sur le dynamisme rythmique, obtenu par l’utilisation systématique des tensions et détentes produites par différentes couches de tempi. Le choix des timbres est à la fois subordonné aux grandes lignes du récit ainsi qu’aux structures rythmiques qui leur servent de support. L’œuvre se développe de façon organique à partir d’une matrice qui se reproduit elle-même en donnant naissance à d’autres matrices, et ainsi de suite, le tout prenant alors la forme d’un arbre dont tous les éléments, si éloignés fussent-ils, sont tous parents à des degrés divers, étant issus d’un même œuf.

La création du monde, je devrais plutôt dire «de notre monde», est en somme un fait divers dans l’infinité du cosmos où naissent et meurent des galaxies entières à chaque instant, depuis toujours et pour toujours. Mais cette «naissance» a ceci de particulier en ce qu’elle est à l’image de notre propre existence, le Grand Œuvre étant présent à chacune des manifestations de l’infiniment Grand et de l’infiniment Petit. Vus sous cet angle, Les sept jours embrassent beaucoup plus que la simple mise au monde de notre infime globe à un moment donné dans un coin quelconque d’une galaxie quelconque; c’est toute la fascination d’un être vivant devant le mystère de la vie, de la naissance et de la mort, fascination provoquée par un fait banal qui est celui du récit de cette création.

L’œuvre est dédiée à l’Ensemble de percussions McGill, qui me l’a commandée avec une subvention du Conseil des Arts du Canada.

  • Enregistrement: disponible au bureau de la SMCQ
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