Treize couleurs du soleil couchant (1978)

Tristan Murail

flûte, clarinette, piano, violon et violoncelle

«Je me rappelle avoir regardé, soir après soir, le soleil se coucher sur la presqu’île de Quiberon». — Tristan Murail

La fascination qu’exerce un coucher de soleil naît moins des couleurs elles-mêmes que de la façon dont ces couleurs changent, évoluent, se transforment, rapidement mais imperceptiblement, l’une dans l’autre. La lumière joue le même jeu. Les rayons du soleil passent de couche en couche de couleur, jetant, à la fois brutalement et insidieusement, des éclats de nuances diverses. La partition des Treize Couleurs du soleil couchant retient de l’exemple naturel ce procédé de transformations insensibles qui mènent à des couleurs tranchées.

Techniquement, la pièce repose sur 13 sections, basées chacune sur deux sons qui forment des intervalles différents. Ces intervalles s’engendrent les uns les autres par «dérive harmonique». Les instruments ont un rôle structurel défini: flûte et clarinette jouent essentiellement les intervalles générateurs de la pièce, violon et violoncelle les font dériver (…); le piano enveloppe le tout d’échos ou de prémonitions. Partant d’une clarté moyenne (dans le médium ), la pièce monte vers un maximum de lumière, pour redescendre vers le grave, le sombre. Le treizième et dernier intervalle, repris en écho par le piano, donne naissance à une sorte de glas.

A-M Messier et C Métras, SMCQ, 1986

Exécutions