Zipangu (1977)

Claude Vivier

sept violons, trois altos, deux violoncelles et contrebasse

«C’est une œuvre qui, vers la fin, dans un passage grave et sombre, atteint à un bouleversant lyrisme.»

Serge Garant

La mélodie, encore et toujours, encore et toujours renouvelée: c’est à nouveau une mélodie qui est le point central de Zipangu. Comme si sa musique instrumentale devait aussi chanter — chanter à la fois l’Orient et son personnage fétiche, Marco Polo (Zipangu est un dérivé du nom que les Chinois donnaient au Japon). Cette mélodie, Vivier la veut brouillée et utilise pour ce faire plusieurs techniques d’archet aux cordes.

Il devient clair à l’écoute que ces façons variées d’aborder les cordes créent l’intérêt de cette œuvre. On y entend la même mélodie sous la forme d’un dialogue entre cordes aiguës — d’où se détache parfois un violon solo — et cordes graves. Les cordes y sont en alternance très chantantes et très sombres; on trouve dans le grave une impression sinistre, et dans l’aigu, volontairement grinçante. S’insèrent des points de repère parfois légers et sautillants, parfois brusques et violents, haletants. C’est un Vivier en plein contrôle de ses moyens qui nous donne cette œuvre, dont les accords finaux, toujours aux cordes, ont presque le timbre et surtout toute l’autorité d’un chœur de trompettes.

Martine Rhéaume [viii-07]

Exécutions