Hommage à Yes, King Crimson, Emerson, Lake & Palmer et Genesis (2009)

René Bosc

ensemble et traitement

King Crimson, Yes et Emerson Lake & Palmer (ELP) sont des groupes de rock dit «progressif» qui émergent sur la scène anglaise à la fin des «sixties». S’inspirant de la musique classique, du jazz ou de certaines musiques ethniques, ces groupes cherchent à créer une musique libre, en dehors des shémas habituels du rock, n’hésitant pas à proposer des suites quasiment «orchestrales» de plus de 20 minutes. Mouvance très ciblée de jeunes musiciens qui se côtoient tous, cette «famille» ne cessera d’échanger leurs idées sans hésiter à participer aux albums des uns et des autres. Ainsi citons Bill Bruford, batteur original du groupe Yes, qui rejoindra Robert Fripp pour une nouvelle aventure de King Crimson avant de seconder Phil Collins amené à remplacer Peter Gabriel comme chanteur au sein de Genesis. Gregg Lake, le «L» du groupe ELP, a été aussi un des membres fondateurs du groupe King Crimson et le leader de Yes, Jon Anderson, prêtera aussi sa voix à Lizard, le troisième opus de King Crimson

  1. Emerson Lake & Palmer (ELP) — Dans les années 1970, le trio a vendu plus de 30 millions d’albums et donné des concerts dans les stades du monde entier. Décrivant une histoire d’«évolution inversée», Tarkus (1971) est le deuxième album du groupe très fortement inspiré par les compositeurs classiques du début du 20e siècle. La virtuosité rythmique de l’ensemble reste un élément constant dans l’inspiration du pianiste Keith Emerson qui est l’auteur de la suite présentée ce soir. Tarkus débute par Eruption, un obsédant motif en 5/4 qui se souvient sans doute du célèbre Take Five du saxophoniste Paul Desmond écrit en 1959 pour l’album Time out du quartet de Dave Brubeck. Rarissime dans le jazz des années 1950, la signature rythmique en 5/4 du morceau témoigne de l’influence de Bartòk dans la conception rythmique de ces musiciens soucieux de se servir de leur culture classique et contemporaine dans leurs domaines du jazz ou du rock.

  2. Yes — Ce groupe fut au début des années 1970 une des figures de proue du rock progressif. Moins porté qu’Emerson, Lake & Palmer sur l’inventivité rythmique, Yes se montre plus intéressé par le concept de «grande forme» peu usité dans le monde du rock. L’album Close to the Edge (1972) contient trois chansons, dont le titre éponyme, d’une durée de 18 minutes, est construit comme une symphonie en 4 mouvements. L’arrangement pour maîtrise à 3 voix, électronique et ensemble instrumental vous propose les deux dernières parties de cette suite: I Get Up, I Get Down et Seasons Of Man écrites par le chanteur Jon Anderson et le guitariste Steve Howe.

  3. In the Court of the Crimson King, sorti en 1969, est le premier album du groupe britannique King Crimson, fondé par Robert Fripp. Cet album est généralement considéré comme l’acte fondateur du rock progressif. Le premier titre 21st Century Schizoid Man est devenu un «hymne» réunissant de manière très originale un rock très métallique, un jazz quasiment free et une rythmique en perpétuelle évolution. Le court arrangement joué ce soir comme un bis se concentre sur le célèbre riff médian de la pièce qui a subjugué plusieurs générations de rockers par sa mise place complexe sur un tempo ultra-rapide et l’extrème précision rythmique demandée à tout le groupe à l’unisson.

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Exécutions