Les Cinq éléments (2012)

Michel Boivin

piano

Commande: Louise Bessette, avec l’aide du CAC

À Louise Bessette, en hommage à sa carrière prestigieuse et sa grande générosité

  • 1. Bois
  • 2. Terre
  • 3. Feu
  • 4. Eau
  • 5. Métal

La théorie des cinq Éléments était déjà couramment en usage en Chine au Ve siècle avant J-C. Elle sert à diviser l’univers en cinq éléments pour expliquer le vivant, en particulier la relation entre les organes du corps humain.

Ce qui a servi de point de départ pour la composition, c’est le potentiel représentatif et dynamique de cinq univers distincts. Or, la représentation, par le calque du réel, est le moyen de prédilection de ce compositeur, le matériau par lequel ses œuvres sont élaborées.

La pièce se divise en cinq mouvements brefs, un pour chaque élément.

Dans le premier mouvement, le Bois, les traits se développent en arborescences, comme des ramures de tailles et d’importances diverses. Les mélodies brèves et ascendantes se présentent comme les arbres d’une forêt clairsemée, parfois feuillus, souvent dénudés.

La Terre commence avec des arpèges brèves et rapides dont les sons s’éteignent graduellement, comme le sable qu’on ramasse et qui s’écoule entre les doigts. Viennent ensuite des progressions d’accords et de traits ascendants et irréguliers, souvent graves, qui représentent des montagnes, proches et lointaines, avec leurs racines, replis et sommets.

Le troisième mouvement présente divers visages du Feu. En ouverture, une note répétée incarne la flamme vacillante d’une chandelle par les perturbations légères que subit sa séquence. Suit le feu grondant, ronflant ou crépitant, entrecoupé de flammes vives, vacillantes ou dansantes et de grandes flambées.

L’ Eau commence avec une brève introduction sur un thème d’ondulation. La partie principale est une sorte de balancement tranquille fondé sur des intervalles simples et redoublés de secondes mineures.

Le dernier mouvement, le Métal, débute avec un registre fixe d’arpèges dans l’aigu, jouant le rôle de reflets métalliques. Une structure d’accords constituant une phrase aisément identifiable revient ponctuellement avec un tempo modifié. Entre ces apparitions prennent place des thèmes illustrant des mécanismes ou des machines.

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Exécution